[Paroles d’expats] – Être au pair en Autriche avec Maëlys

Ce jeudi dans Paroles d’expats, on rencontre Maëlys qui nous raconte son expérience d’au pair au pays de Sissi, la belle Autriche !

unnamed

Vue panoramique sur Innsbruck

Salut! Commençons par le début, peux-tu te présenter en quelques mots (prénom, âge, d’où tu viens, ton parcours) ?

Salut! Je m’appelle Maëlys, j’ai 24 ans et je viens d’une petite commune de Loire-Atlantique (entre Nantes et St Nazaire). Après mon BAC ES, j’ai décidé de poursuivre mes études en fac de droit. Ma première année s’est plutôt bien passée mais je n’étais pas sûre que le droit soit ma vocation alors lorsque je suis tombée sur une annonce d’une famille franco-allemande qui cherchait un/une au pair pour un an à Berlin, je n’ai pas hésité longtemps. Cette première expérience au pair s’étant très bien passée, j’en suis devenue un peu « addict » car pour moi, c’est un des meilleurs jobs (quand tu aimes les enfants) pour combiner travail et voyage! J’ai donc passé l’été suivant en Grèce puis j’ai repris mes études de droit jusqu’au Master 1 à Nantes tout en passant les étés suivants dans le Nord de l’Italie puis de nouveau en Grèce.

Qu’est-ce qui t’a décidé.e à partir vivre à l’étranger ? Pourquoi as-tu choisi ce pays/cette ville ?

Arrivée à la fin de mon Master 1 (il y a maintenant deux ans), je ne savais pas quelle spécialité choisir pour mon Master 2 et j’avais aussi très envie de faire (de nouveau) une pause dans mes études pour voyager alors j’ai cherché une famille au pair. Je n’ai pas vraiment choisi le pays ni la ville. Je parle allemand, anglais et un peu italien alors il fallait simplement une famille qui parle une de ces langues. Une famille autrichienne m’a contactée, le feeling est passé et j’ai accepté. J’avais très peu de connaissance sur l’Autriche (quelques notions d’histoire et bien sûr, je savais que Mozart était autrichien) donc je me suis dit que ce serait l’occasion d’y remédier et surtout l’Autriche se trouve en plein cœur de l’Europe centrale alors j’y ai tout de suite vu beaucoup d’opportunité de voyages! Voilà comment j’ai atterris dans la région de Wachau, célèbre pour ses vignobles et ses abricots et située au bord du Danube (à 70 km de Vienne).

unnamed-1

Durnstein dans la région de Wachau, au bord du Danube

As-tu rencontré des difficultés avant ton départ (administratives, craintes personnelles, réactions de ton entourage…) ?

Comme je l’ai dit, ce n’était pas ma première expatriation donc ma famille et mes amis s’y étaient habitués. De plus, avec la nouvelle technologie, je ne crois pas que la distance éloigne les gens de nos jours. Au contraire, je me suis même rapprochée de certaines personnes en partant! Niveau administratif, j’ai signé un contrat avec ma famille au pair et dû prouver mon niveau en allemand mais sinon rien de particulier. Comme je partais plus de six mois à l’étranger, j’ai pu résilier mon forfait mobile en France sans souci. En ce qui concerne les formalités en Autriche, je n’ai pas eu besoin d’ouvrir un compte (merci l’UE!). En revanche, j’ai découvert que la lenteur administrative n’est pas une spécialité française en allant m’inscrire dans ma nouvelle commune! Comme je suis partie juste après mes exams, je n’ai pas eu le temps de stresser (à ce sujet) et j’étais plutôt surexcitée par cette nouvelle aventure.

Comment se sont passées tes premières semaines sur place ? As-tu vécu un choc culturel, des difficultés à t’adapter/à t’intégrer ?

La famille est venue me chercher à l’aéroport et après avoir déposé mes affaires, on est ensuite allé manger dans un restaurant typique autrichien (Heuriger) et je n’ai absolument rien compris de ce que me racontait le serveur … qui a fini par me parler en anglais! Je me suis sentie bête sur le coup. Mon niveau d’allemand étant correct, je ne m’étais pas plus que ça préoccupée de la langue mais il est vrai que les Autrichiens utilisent certaines expressions différentes des Allemands et surtout certains Autrichiens ont un (fort) accent ou parlent dans un dialecte. J’ai évidemment un peu paniqué à ce moment là mais globalement, je n’ai jamais eu des problèmes de compréhension par la suite. Bien sûr, chaque pays et chaque famille a ses habitudes mais je ne parlerai pas d’un choc culturel. Par exemple, toujours le premier jours, la famille me propose de manger vers 17h et comme je savais que les Autrichiens et les Allemands dînent souvent tôt, j’ai refusé ce que je pensais être le goûter pour avoir faim au dîner … sauf que c’était le dîner donc je n’ai rien mangé ce soir-là. Le rythme scolaire est très différent aussi. Par exemple, les enfants dont je m’occupais étaient en 2e classe (= CE1) et terminaient l’école soit à 11h30, soit 12h25 et contrairement à mes souvenirs de primaire où je devais apprendre quelques mots et lire, on passait facilement plus d’une heure sur les devoirs. Non seulement, j’ai appris différemment mais en plus, je n’ai pas appris les mêmes choses. C’était donc parfois un défi de leur expliquer les mathématiques ou encore pire l’allemand! Heureusement, les parents étaient toujours là en cas de besoin. Je pense toutefois que le fait d’avoir passer autant de temps avec eux m’a énormément fait progresser en allemand et c’était un des objectifs de mon séjour. Avec les enfants, tu dois faire plus d’effort niveau prononciation car sinon ils ne te comprennent pas. De plus, contrairement aux adultes, ils ne se gênent pas pour te dire que tu n’a pas utilisé la bonne expression!

unnamed-2

Le château de Schönbrunn

En dehors de la famille, j’ai évidemment cherché à rencontrer d’autres personnes … de mon âge! C’est assez facile avec les réseaux sociaux de nos jours et il existe une grande solidarité entre les familles au pair qui facilite les rencontres entre au pairs. Lors de mes précédents séjours au pair, j’avais sympathisé avec des Français ou des au pairs que je voyais rarement alors que cette fois-ci, on était un petit groupe d’au pair très diversifié (Brésilienne, Américaine, Colombienne Argentin). La plupart de mes sorties se faisaient avec eux ou avec une amie Autrichienne. Notre amitié a d’ailleurs perduré après mon retour! J’ai également choisi de suivre un cours d’italien, de rejoindre Amnesty International et de m’occuper d’une famille de réfugiés d’origine syrienne ce qui m’a permis de rencontrer d’autres personnes. Enfin, dans le but de pratiquer l’allemand en échange du français, j’avais des tandems que je retrouvais régulièrement. J’ai donc pu facilement m’intégrer et découvrir le pays différemment que si j’étais restée seule dans mon coin. Petit conseil : c’est vrai que c’est dur de faire le premier pas pour rencontrer des gens à l’étranger mais ça vaut le coup et il suffit vraiment d’un rien pour rencontrer quelqu’un qui te fera rencontrer quelqu’un et ainsi de suite alors n’hésites pas à faire ce pas!

Qu’est-ce qui t’a le plus plu dans ta vie là-bas ?

J’ai eu beaucoup de chance avec ma famille au pair car j’avais mon propre logement et une voiture à ma disposition ce qui me rendaient très indépendante et me permettaient de recevoir ou de rejoindre mes amis. Je dois avouer que c’était vraiment agréable car autant lorsque j’ai commencé à être au pair, à 19 ans, avoir simplement une chambre à moi me suffisait mais avec le temps, je souhaitais plus d’intimité. De ce fait, je craignais d’avoir des « horaires de travail » et de ne plus être intégrée à la famille (alors que c’est quand même un des buts quand tu es au pair afin de découvrir la culture de l’autre et de partager la tienne au quotidien) mais bien qu’ils respectaient mon intimité, j’étais toujours invitée à me joindre à eux si je le souhaitais.

J’avais aussi beaucoup de temps libre, ce qui m’a permis de réaliser des projets que je repoussais en France, par manque de temps, tels que l’apprentissage de l’italien ou m’investir dans des associations. Pendant trois mois, j’ai rendu régulièrement visite à une famille de réfugiés afin de leur apprendre un peu l’allemand et surtout divertir les enfants.

unnamed-3

Salzbourg

Comme je l’ai dit au début, l’Autriche est au centre de l’Europe et il est facile (et peu cher) de visiter ses pays voisins, une des choses que je recherchais avant tout en partant comme au pair. J’ai donc largement exploité mes congés et mes ressources financières pour combler mon envie de voyage! J’ai commencé par rendre visite à des amis en Suisse puis grâce au Sommerticket (un billet qui te permet pour 69€, si tu possèdes la « carte jeune » autrichienne à 19€/an, de prendre gratuitement le train pendant deux mois et demi sur le territoire national et te donne aussi des réductions pour les trajets vers un autre pays), j’ai pu visiter l’Autriche d’Est en Ouest (de Vienne à Innsbruck en passant par Salzbourg et le lac de Gmunden, génial pour se baigner et faire de la voile en été) et du Nord au Sud (de Retz, à la frontière tchèque, à Graz). J’ai évidemment visité plusieurs fois la capitale slovaque, Bratislava, qui se trouve à 1h de Vienne et qui vaut vraiment le détour! J’ai également visité les autres pays frontaliers (République Tchèque, Slovénie et Hongrie), seule ou avec une amie au pair. Une amie française faisant son Erasmus à Southampton en Angleterre, nous avons décidé de nous retrouver à Dublin pour le centenaire de l’Insurrection de Pâques qui a mené l’Irlande à son indépendance.

Au contraire, qu’est-ce que tu n’as pas aimé ?

Lorsque je suis arrivée dans la famille, l’au pair précédente y avait travaillé depuis presqu’un an et demi et est d’ailleurs restée encore plus d’un mois avec moi (le temps de trouver un logement sur Vienne) alors la famille y était très attachée et la transition s’est faite un peu plus difficilement que dans les autres familles où j’ai pu séjourner. De plus, je n’étais plus novice mais « experte » en la matière donc je connaissais mon « job ». Évidemment, j’étais là pour m’occuper des enfants mais je voulais organiser mon temps libre comme je le souhaitais et pour ça, il fallait un minimum d’organisation or je n’étais pas forcément toujours tenue à l’avance du planning. De même la famille avait certaines attentes me concernant. Heureusement, après quelques mésententes ils ont su comment je fonctionnais et ont pu me faire confiance et moi de même. En tant qu’au pair, il faut aussi parfois mettre de côté ses « principes d’éducation » pour se plier à ceux de la famille. Cela était dur pour moi et d’autant plus dans cette famille car je ne passais pas « tout » mon temps en leur présence donc je n’avais pas autant d’autorité que lors de mon séjour en Allemagne par exemple et je ne voyais que très peu les parents avec les enfants donc difficile de savoir comment ils fonctionnent mais finalement, les enfants se sont très bien adaptés à moi et à mes attentes.

La distance avec ton entourage/ta ville d’origine a-t-elle été difficile à gérer ? Si oui, comment as-tu réussi à la surmonter ?

Je viens d’une petite commune de 2000 habitants où il n’y a strictement rien à faire donc aucune raison qu’elle ne me manque. Quant à Nantes, où j’ai étudié avec mes amis, la plupart ont été acceptés en Master 2 dans une autre ville donc on aurait de toute façon été séparés géographiquement. Ma famille est habituée à ce que je parte comme je le disais donc il n’y a pas eu de problème de ce côté là non plus. De plus, mes parents sont venus passer Noël avec ma famille au pair et moi, c’était très sympa (bien que pas toujours facile à gérer pour moi, mes parents ne parlant pas ni allemand, ni anglais). Comme je ne voulais pas rentrer en France durant mon séjour (quitte à avoir du temps et de l’argent, autant en profiter pour visiter un endroit inconnu!), avec des amis, nous avons décidé de passer le réveillon de la St Sylvestre à Bruxelles. De même, en avril, ma meilleure amie m’a aussi rendue visite pendant une semaine. Bref, entre les visites et les appels, on a pu garder facilement le contact!

unnamed-4

Le superbe village d’Hallstatt, patrimoine mondial de l’UNESCO

Comment s’est passé ton retour chez toi ?

La première fois que je suis partie comme au pair à Berlin, j’ai fait le retour par étape. D’abord un arrêt en Belgique dans de la famille à ma famille au pair, puis second arrêt chez ma meilleure amie à Paris. A chaque fois que je m’éloignais de Berlin, j’étais de plus en plus triste et je pleurais. Heureusement, je n’ai pas vraiment connu le syndrome « post-voyage » car je suis quasi directement repartie, cette fois pour être au pair en Grèce! Depuis Berlin, j’ai vécu 4 séjours au pair et je suis donc mieux préparée au retour. Je sais que je pars pour une période donnée, que je dois profiter à fond de mon séjour et que le retour ne signifie pas la fin du livre mais seulement d’un chapitre et que non seulement je repartirai mais en plus que je reverrai les gens avec qui j’ai sympathisé et la famille. C’est effectivement ce qu’il s’est passé après mon retour en France, en juin 2016! Je suis restée une semaine et demi, histoire de faire un petit coucou à tout le monde puis je me suis envolée pour le Maroc où vit désormais ma famille au pair franco-allemande (avec qui j’ai toujours gardé contact, comme avec les autres familles, et à qui j’ai régulièrement rendu visite à Berlin depuis mon retour en 2012). De Rabat, je suis partie pour Rome (en passant par Paris) où, après trois semaines de backpacking de Rome à Venise, j’ai effectué mon dernier séjour au pair près de Modène.

Au final, qu’est-ce que tu retires de cette expérience ?

Je vais parler de mes expériences en général (même si j’ai surtout parlé de mon année en Autriche dans cet article). Être au pair à l’étranger m’a donnée énormément confiance en moi. Avoir la charge d’enfants est une grande responsabilité et bien que j’étais souvent contente de les « rendre » à leur parent le soir, ils sont tous devenus comme des frères et sœurs pour moi. J’ai appris à aller vers les autres et que si on ne demande pas, on n’a rarement quelque chose alors il faut prendre sur soi, parfois faire d’énormes fautes linguistiques et on obtient souvent de belles surprises en retour. J’ai pu réaliser pleins de rêves tels qu’aller en Grèce, partir à la redécouverte de l’histoire allemande non plus le nez dans les bouquins mais les pieds dans les musées ou sur les lieux historiques, découvrir l’Europe centrale, retourner à Rome non plus en mode « presto » comme avec le collège mais « piano » de mon côté, me balader à Venise et j’en passe! J’ai désormais de nombreuses « familles » et des nouveaux amis avec qui j’espère partager de nouvelles aventures!

Un dernier conseil pour ceux/celles qui s’apprêtent à partir ou qui hésitent encore ?

On ignore de quoi demain sera fait alors il ne faut plus hésiter et se lancer dans ses projets (aussi bien de voyage qu’autre d’ailleurs!) car pour réaliser ce qui nous tient à cœur, il ne suffit bien souvent que de notre volonté ;).

Si vous aussi vous êtes parti.e.s vous installer à l’étranger pour une période plus ou moins longue et que vous voulez témoigner, n’hésitez pas à m’écrire via l’onglet « Contact » dans la barre de menu !.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s